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    LES ENFANTS DE PIERRE VAYSSIÉ BOUTIMAN 1

     

     

     Ils sont quatre: aîné ou non (le droit d'aînesse n'a pas cours dans les campagnes quercynoises), Jean sera choisi comme héritier du domaine de Rigal; quant aux trois autres, Antoine, Madeleine et Jeanne, ils reçoivent leur part lorsqu'ils se marient. 

     

    ENFANTS DE PIERRE VB 1

     Antoine est le premier à se marier: il épouse en 1610 Catherine Gautier, fille de Durand Gautier, dit Rosset, et d'Antoinette Donnadieu, de la paroisse de Saint Martin d'Espiémont. Si l'on se fie au testament de leur grand-mère, trois enfants de ce couple survivent: Jean, qui sera dit Faurou, ainsi que ses enfants, Antoine ayant été surnommé lou Faure, c'est-à-dire le forgeron ou le maréchal-ferrant, vraisemblablement parce qu'il a exercé cette activité en plus de celle de laboureur; Jacques, qui gardera le surnom de Boutiman, et paraît avoir été sensiblement plus jeune que son frère, puisqu'il se marie vingt ans plus tard; enfin une fille, Raymonde, qui a épousé Bertrand Alauzet, un maçon de Lacapelle- Livron.

     

     

    ENFANTS DE PIERRE VB 1

     

     Madeleine épouse en 1612  Jean Raynal, de la paroisse Saint Roch de Lamandine. D'après le testament d'Antoinette Éché, sa mère, elle en est veuve en 1641, et elle en a deux fils, Pierre et Guillaume, qui ont hérité des prénoms de leurs deux grands-pères, Pierre Vayssié et Guillaume Raynal. Le registre paroissial de Lamandine ne commençant qu'à la fin du dix-septième siècle, il reste à espérer que quelque acte de notaire jettera un peu de clarté sur ce qu'ils sont devenus.

     

     

    ENFANTS DE PIERRE VB 1

    L'église de Lamandine aujourd'hui

     

      

    Quant à Jeanne, son mariage, qui n'a lieu qu'en 1617 après la mort de son père, est marqué par une curieuse péripétie. Un premier contrat la fiance à un certain Philippe Carlier, de Concots (sauf erreur de lecture), mais un second lui fait finalement épouser  un voisin de Rigal, Jean Desquines, dont elle a un fils, Michel.

     

    ENFANTS DE PIERRE VB 1

     

     

     

     

     

     


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    PIERRE VAYSSIÉ dit BOUTIMAN 

    (premier du nom)

     

     

     

                           UN SURNOM

     

     

     

     

    Fils du premier Laurent, ce Pierre Vayssié est le premier à porter le surnom de Boutiman, sur le sens duquel je ne peux faire que des conjectures passablement aléatoires. Dans le patois de ma grand-mère, le verbe "boutigner "signifiait "se renfrogner, bouder, faire la tête": s'agirait-il de dénoncer un caractère accusé, voire difficile? Cela ne saurait étonner ceux qui ont connu des Vayssié. Ou s'agit-il, via le latin médiéval "botinarius, faiseur de butin", de s'en prendre à une  (trop) grande habileté dans les affaires? C'est un fait que ce Pierre Vayssié a parfois "obligé" son frère Jean ou un Calmon, c'est-à-dire leur a consenti un prêt. Et c'est lui qui, finalement, reçoit la plus grande part de l'héritage de Bernard, puisque, outre sa part dans la succession de son père Laurent, il reçoit la totalités des biens de son oncle Pierre.

     Le surnom a son utilité: il permet de distinguer des homonymes. Or on trouve à la même époque sur le territoire de Caylus des Vayssié dit Grasset et des Vayssié dit Roudier, dont j'ignore s'ils sont ou non de la famille de nos ancêtres; mais il existe entre certains d'entre eux des liens dus aux mariages ou à des transactions: un Antoine Vayssié ou Vayssière surnommé  Roudier épouse une Doucette Éché qui est la nièce de Marguerite Éché, femme de l'oncle de notre Pierre Boutiman; la même Marguerite Éché achète  une terre à un Jean Vayssié Grasset; deux Vayssié Grasset sont témoins du testament d'Antoine Vayssié Roudier...

      

     

     

     

                                       

                                          "AFFRAYRAMENT"

     

    Ce terme, qui vient de "frayre", frère, désigne une association aux termes de laquelle les biens sont mis en commun pour être exploités en commun. Il s'agit évidemment d'éviter le morcellement de la propriété familiale.

    C'est ce genre d'association qui existait d'abord entre Laurent et son frère Pierre, désignés ensemble comme les principaux héritiers de leur père Bernard.

    Elle existe ensuite entre Jean et Pierre dit Boutinian, et Jean espérait sans doute la voir prorogée entre leurs héritiers respectifs; mais il apparaît que le fils de Jean, le second Laurent, ne peut s'entendre avec son oncle, d'où les singulières dispositions prises par Jean: donation conjointe et indissoluble de ses biens à son fils et à son neveu, fils de Pierre; que les autres neveux aient donné leur assentiment prouve l'adhésion de tous à cet idéal de préservation de l'intégrité des possessions familiales. Et si le fils de Pierre consentira plus tard à un arrangement avec Laurent, il s'empressera, après la mort de celui-ci, de racheter ses terres à sa fille et héritière, Catherine!

    Il arrive aussi que l'affrayrament soit conclu entre époux: c'est le cas pour Pierre Vayssié Boutinian et Antoinette Éché; peut-être  même leur tient-il lieu de contrat de mariage. En tout cas,  en juin 1576,  ils s'engagent à n'avoir "qu'une maison et qu'une fortune", et parmi les témoins figure le bayle de Caylus, c'est-à-dire le représentant de l'autorité royale.

     

     

     

     

     


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     LAURENT VAYSSIÉ 1

     

    En l'absence de registre,  il n'est évidemment pas possible de connaître avec précision sa date de naissance, mais son mariage ayant eu lieu en 1531, on peut raisonnablement le supposer né entre 1500 et 1510.

    Il est souvent nommé "Laurent mas vielh" dans les actes pour le distinguer de son frère cadet homonyme.

    En février 1531, il épouse Catherine Ramond, fille d'un Jacques Ramond, de La Mandine, en qui on est tenté de voir l'ancêtre des Ramond surnommés Mandine, dont l'un, Bertrand, sera près de  deux siècles plus tard le mari d'Anne Vaissié, demi-sœur du Jacques de La Salle, et le parrain de Bertrand Vayssié.

    La donation consécutive au contrat de mariage est signée dans la maison d'un prêtre de Caylus, Bernard Dejean, sans doute parent de la Catherine Déjean qui est la mère de Catherine Ramond. Bernard Vayssié donne à son fils le tiers de ses biens, et Jacques Ramond quarante livres à sa fille.

    Associé à son frère Pierre dans ce qu'on appelle un "affrayrament", Laurent s'établit à Boissière à la suite d'achats en particulier aux frères Calmon, premiers tenanciers du lieu après la Guerre de Cent Ans. Les deux frères, ensemble ou séparément, concluent plusieurs autres achats, d'où l'on peut déduire que leur principal objectif était d'étendre leurs terres.

    Laurent teste en 1557. Le Laurent Vayssié nommé dans un acte de 1574 est vraisemblablement son frère cadet, qui porte le même prénom.

    De ses cinq enfants, Jean semble être l'aîné: c'est à lui que Laurent fait donation de la moitié de ses biens en 1555 à l'occasion de son mariage avec Claire Éché, et c'est lui qui est désigné comme héritier "général" conjointement avec Arnaud. Mais c'est finalement Pierre, surnommé Boutinian, et peut-être le plus jeune - il ne se marie que vingt ans après son frère, en 1576 -, qui disposera de Rigal. 

     

     


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     DES ONCLES

      

    On le sait, si Jean-Marie Vayssié est né à Mouillac, c'est parce que son père Antoine avait été choisi comme héritier par son oncle Jean qui n'avait pas d'enfant - mais qui avait d'abord songé pour prendre sa suite à un autre neveu, Jean Rivière, fils de sa sœur Marianne, ainsi que le prouve un premier testament rédigé seulement huit ans après son mariage, comme s'il savait déjà qu'il n'aurait pas de postérité. Ou peut-être l'exemple de son frère aîné, Jean-Pierre, décédé intestat et sans descendance, l'avait-il persuadé de la nécessité de prévoir sa succession.

     

    DES ONCLES

    La tombe de Jean Vayssié à Mouillac

     

    Curieusement, ce même schéma d'un oncle "adoptant" son neveu paraît s'être produit deux autres fois dans la lignée.

    En 1576, Pierre, frère de Laurent, choisit ainsi son neveu et sans doute filleul Pierre comme continuateur, et peut-être au détriment de l'aîné, Jean, et du fils de celui-ci, le second Laurent.

    Il semble enfin (mais il faudrait trouver d'autres indices, sinon des preuves) qu'en 1515 un autre Jean Vayssié n'ait pas eu d'autre héritier qu'un neveu, nommé Bernard, et fils d'un Jacques. Reste à démontrer que ce Bernard est bien le même que celui qui rédige à son tour son testament en 1537.

     

     

     

     


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