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    MARIE-JEANNE

     

    Cette fille d'Étienne Vayssié n'a laissé dans le registre paroissial de Mouillac qu'une mince trace: elle est nommée comme marraine de son jeune frère Joseph en 1785. Mais on cherche en vain la mention de son baptême, si bien que j'avais imaginé que le curé  avait complaisamment accepté la petite Jeanne de cinq ans pour tenir son frère sur les fonts baptismaux et avait déformé son prénom...

    Il a fallu le testament d'Étienne, découvert sans le chercher, pour révéler l'existence de Marie-Jeanne. Le curé a-t-il oublié d'inscrire son baptême? L'espèce de brouillon qu'on lit à la fin de l'année 1784 peut donner à croire qu'il ne remplissait pas son registre au fur et à mesure, mais plus tard, de mémoire... incertaine:

     

    PERDUE ET RETROUVÉE

     

    Ou bien Marie-Jeanne a-t-elle été baptisée dans une autre paroisse?  J'ai exploré quelques registres des villages voisins sans rien trouver...

    Cependant le hasard (une erreur de cote aux Archives!) m'a permis d'en savoir plus sur elle: il se trouve que sa fille, Marie Bru, a cédé en 1825, par devant notaire, à son oncle Jean Pierre Vayssié, de Mouillac, les droits qu'elle pouvait avoir sur l'héritage de sa grand-mère Marie-Anne Bosc; et bien entendu le notaire indique le domicile de cette Marie Bru: Vaylats, dans le Lot.

    Il ne reste plus qu'à se plonger dans les registres d'état civil de Vaylats. Comme beaucoup d'autres, ils sont lacunaires pour la période révolutionnaire, si bien qu'ils ne fournissent pas la date du mariage entre Marie-Jeanne Vayssié et Jean Bru, mais ils révèlent que Marie-Jeanne est morte en 1815 à l'âge de quarante ans, ce qui situe sa naissance vers 1775.

    Ils permettent de savoir que sa fille aînée, Marie, née en 1802, épouse en 1832 un Jacques Delpech dont elle a des jumelles, Marguerite et Marie, en 1834, puis un fils, François, en 1837.

    Marie-Jeanne a eu par la suite une autre fille, Marie, qui n'a vécu que trois jours, puis un enfant enregistré  comme un garçon prénommé Raymond, mais qui meurt comme Raymonde soixante-trois ans plus tard; il doit s'agir d'une erreur du secrétaire de mairie: il en a commis une autre de la même espèce qui a été rectifiée par un jugement, comme l'indique une mention en marge. Viennent enfin un fils, Jean, sans doute parti vivre ailleurs puisque n'apparaissent ni son mariage éventuel ni son décès, et une dernière fille, Jeanne, née en 1814 et décédée en 1815 quelques mois après sa mère. 

    On peut supposer que le mariage de Marie-Jeanne Vayssié avec Jean Bru a été arrangé par l'intermédiaire des Léris, dont quelques-uns vivaient dans le même hameau - Larché - que les Bru: le parrain d'Étienne Vayssié n'était-il pas Étienne Léris, originaire de Vaylats, et dont le frère, Géraud, semble bien être rentré dans son village? 

     

     


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