• JEAN PIERRE VAYSSIÉ

     

    JEAN PIERRE VAYSSIÉ  (1783-1860)

     

                                                         CHEF DE TRIBU?

     

    On est tenté de voir en Jean Pierre Vayssié, comme en son arrière-petit-fils, Jean-Marie, mon grand père, une sorte de patriarche. Peut-être à cause des responsabilités qu'il a dû assumer tôt. Peut-être parce que, sur ses huit enfants, six ont atteint l'âge adulte et deux ont été à l'origine d'une descendance nombreuse. Peut-être parce qu'à la différence de son père et de son grand-père il a atteint un âge avancé.

    Il n'a que dix-sept ans quand il vient déclarer le décès de son frère cadet Joseph; auparavant il a perdu son père et son frère aîné. Il n'a sans doute que dix-huit ou dix-neuf ans quand il épouse Marie Vidaillac qui en un de moins. Est-ce parce qu'il a conscience du décalage entre sa jeunesse et les responsabilités qu'il assume qu'en déclarant la naissance de son premier fils en 1804 il se donne vingt-cinq ans alors qu'il en a vingt-et-un? Ou s'agit-il d'une de ces erreurs courantes dans les registres anciens?

    Il est alors propriétaire des terres qu'il exploite, la mention figure explicitement dans ce même acte de naissance. Mais il ne saurait être riche: le témoin auquel on doit quelques échos des troubles révolutionnaires à Mouillac rapporte qu'au XIXème siècle les familles nombreuses vivaient chichement.

    Le surnom de Bertrand lui reste attaché, jusqu'à être pris pour son prénom dans l'acte de décès d'un de ses fils; son prénom usuel semble avoir été Jean, ce qui s'explique aisément puisque son oncle et son frère portaient tous deux celui de Pierre. De même, au nom de sa femme, Marie Vidaillac, est souvent accolé le surnom de Fabien, prénom, là aussi, d'un ancêtre, qui permet de différencier les diverses familles de Vidaillac à peu près aussi nombreuses que les Cavaillé dans la région; il arrive même une fois ou deux que ce surnom soit pris pour le nom.

    On ne peut s'empêcher d'entendre de la fierté dans une mention insolite (je n'en ai encore rencontré qu'une seule autre semblable) de l'acte de décès de Marie Vidaillac:

    "...lesquels nous ont déclaré que (...) Marie Vidaillac, épouse de Jean Vayssié, dit Bertrand, est décédée au dit lieu de Cavaillé, âgée de soixante-et-un ans, décédée à la survivance de cinq enfants et une fille..."

    S'agit-il d'un hommage du fils venu déclarer le décès, d'une dernière volonté de la mère, ou d'exprimer une admiration générale à une époque où l'on perd tant d'enfants en bas âge? Le sort ou la Providence a épargné à la mère de connaître le décès de son fils aîné, mort un an après elle.

     

                               CINQ FILS ET UNE FILLE, MAIS...   

     

               JEAN PIERRE VAYSSIÉ

                 

     

     La seule des filles qui survive, Marianne, se marie à Mouillac en 1833 avec Jean François Rivière, de Puylaroque, village où s'écoulera sa vie; elle aura trois fils.       

            JEAN PIERRE VAYSSIÉ   

    Le fils aîné, Jean Pierre, se marie en 1836, lui aussi à Mouillac, avec Françoise Lestang, née à Puylaroque non pas en 1808 comme l'indique l'acte de mariage mais en 1803, qu'il y ait eu confusion de chiffre ou tromperie. Le couple n'aura, en 1845, qu'une fille morte si peu de temps après sa naissance que seul le décès est déclaré. Chose curieuse, il l'est à Puylaroque, Françoise Lestang ayant accouché dans la maison de ses parents: redoutait-elle une grossesse tardive? ne s'entendait-elle pas avec sa belle-mère, ou celle-ci, qui devait mourir quatre mois après, ne pouvait-elle l'assister? Jean Pierre Vayssié était-il déjà malade? Autre détail: l'acte ne donne que trente-quatre ans à la mère qui en a presque quarante-deux... Après la mort de Jean Pierre, qui survient quelques mois plus tard, Françoise se remarie avec un agriculteur de Parisot... en avouant cette fois son âge véritable.

    J'ignore ce qu'est devenu le second fils, Pierre; il n'y a trace dans les registres de Mouillac ni de son mariage ni de sa mort ni d'aucune sorte de présence. S'il s'était placé comme ouvrier agricole (ce que fera le plus jeune, Joseph) et marié sur son lieu de travail, cela n'a rien d'étonnant. Il peut aussi être devenu soldat, ou prêtre, ou avoir émigré.

    Jean, le troisième, se marie quelques mois après la mort de Jean Pierre, avec Marie Cavaillé Pelet, de Mouillac. Ils n'auront pas d'enfant.

    C'est au quatrième, Jean Antoine, que la lignée des Vayssié de Mouillac devra de se perpétuer, mais avec un détour. En effet, Jean Antoine s'est marié en 1838 à Lalbenque (46) où il passera toute sa vie. L'un de ses fils, Antoine, viendra à Mouillac prendre la suite de Jean.

    Quant au plus jeune, Joseph (sans doute ainsi nommé par son père en souvenir du jeune frère qu'il avait perdu), il se place comme "domestique", selon son acte de mariage, à Caylus, où il épouse en 1848 Marie Baboulène. Il en aura neuf enfants. Il gardera l'orthographe Vaissié, alors qu'à partir d'Antoine, ceux de Mouillac écriront Vayssié.

     

           

     

     

                                 LES GUERRES DE L'EMPIRE

     

       Selon l'entretien déjà cité, elles n'ont que peu affecté Mouillac. 

       "- Napoléon, je ne peux pas vous dire ce qu'il a fait. Mais ce que je crois pouvoir vous dire, c'est qu'on a trouvé qu'il était un peu trop guerrier.

    - Trop guerrier?

    - Trop guerrier. Car, à cette époque, il y avait des déserteurs un peu partout.

    - Ah! oui, ici aussi?

    - Oui, ici. Et en 1814, après la Campagne de Russie, quand on a voulu faire une levée en masse des hommes, il y a des pères de famille qui se sont cachés.

    - Il y en a eu qui se sont cachés? Beaucoup?

    - Quelques-uns. Je ne sais pas lesquels, mais il y en a qui se sont cachés, et puis la paix est arrivée bientôt, en 1815, en 1814 même ç'a été la paix, puis en 1815 Waterloo. Ils ne se sont pas cachés longtemps."

    Jean Pierre Vayssié était-il de ces pères de famille qui se sont cachés? Ou bien était-il trop âgé pour que la levée en masse le concerne?

    La bataille de Toulouse a toutefois coûté la vie à un habitant de Mouillac, Mathieu Miquel, dont le patronyme suggère qu'il appartenait à la même famille que la femme de Bertrand Vayssié, Anne Miquel.

     JEAN PIERRE VAYSSIÉ

                (Transcription de l'acte de décès dans les registres de Mouillac.)

     

      

     

     


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