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                                       RACINES MOUILLACOISES

     

    Parmi les douze colons établis en 1476 par Jean d'Arlende sur le territoire de Mouillac ne figure aucun Vayssié. Mais cela ne signifie pas qu'ils soient uniquement des pièces tardivement rapportées: en examinant l'ascendance de leurs épouses, on découvre qu'au moins quatre ou cinq d'entre elles doivent descendre de ces premiers habitants.

    Joint à l'abondance de Cavaillés à Mouillac jusqu'au vingtième siècle, le seul patronyme de Marie Cavaillé, épouse de Jean Vayssié, et de sa nièce Marie Julienne, femme d'Antoine, rend vraisemblable l'hypothèse qu'elles s'inscrivent dans la lignée du Raymond Cavaillé venu, au quinzième siècle, de Caylus fonder le hameau du même nom.

    Anne Miquel, femme de Bertrand Vayssié, a pour grand-mère une Marguerite Déjean, de la branche Déjean Peyroutou, ainsi que le précise une mention en marge de l'acte de décès de son père, Pierre Miquel. Sans doute descend-elle ainsi du Pierre Déjean, qui est l'un des douze tenanciers de 1476.

     

     

    RACINES MOUILLACOISES

     La famille de Catherine Faugère, dont le père s'est établi à Mouillac par son mariage en 1680 avec Antoinette Arnal, vient de Varaire (Lot).

     

    La femme d'Étienne Vayssié, Marianne Bosc, elle, vient par sa mère des Faliech, dont l'ancêtre, Barthélemy, est investi d'une terre à Mouillac  avant la fin du quinzième siècle.

    RACINES MOUILLACOISES

     La famille Bosc est de Saint-Martin de Cayssac, commune de Labastide de Penne; avec François, se sont aussi installés à Mouillac son frère Jean et sa sœur Marie.

     

    Enfin Antoinette Vidaillac, mère de Madeleine Delrieu et grand-mère de Bertrand, pourrait descendre du Jean Vidaillac dont le nom figure avec ceux d'autres habitants de Mouillac dans un acte de 1492.

     

     

     

     


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                                                      UN INVENTAIRE

     

    Bertrand Vayssié mort à quarante-et-un ans en décembre 1748, que son décès soit dû à un accident ou à une maladie foudroyante, n'a d'évidence pas eu le temps de faire un testament. En effet, en mai 1753, soit plus de quatre ans après, Anne Miquel, sa veuve, fait dresser un inventaire des biens qu'il a laissés.

    Pourquoi?  Veut-elle clarifier la situation alors que le père de Bertrand est mort l'année précédente?  A-t-elle eu vent de critiques sur la façon dont elle gérait l'héritage de ses deux fils survivants?  À la lecture de l'acte rédigé par le notaire de Puylaroque, on a bien l'impression qu'elle entend se justifier. Elle commence par déclarer qu'il s'agit de "ne point confondre ses biens avec ceux de feu son mari" et de "prévenir l'égarement des meubles et effets délaissés par ledit Vayssié son mari".  Elle rappelle sa "qualité de mère tutrice des droits de la personne de Pierre et Étienne Vayssié ses enfants". Elle a fait convoquer par "exploit" non seulement le notaire, mais encore Raymond Vayssié, frère de Bertrand - qui s'est fait représenter par sa femme, Jeanne Vidaillac -, Pierre Miquel, "aïeul maternel" des enfants, c'est-à-dire son propre père, et le beau-frère de Bertrand, Jean Artoux, mari de Jeanne Vayssié. Deux témoins sont également présents, Antoine Besse Dalot et son fils Pierre, qui signent. En outre elle souligne qu'elle entend utiliser "à l'usage des enfants" ce qui reste de vêtements, soit une veste de toile et quatre chemises, ainsi que "trente bottes de laine".  Enfin, conduisant le notaire et les témoins dans l'écurie, elle fait observer que les deux bœufs qui s'y trouvent sont "de plus grand prix que les trois vaches que ledit Vayssié délaissa à son décès": serait-ce là l'origine de rumeurs d'une gestion contestable? 

     

    INVENTAIRE     INVENTAIRE

     

     

    Pour le reste, ce qu'on remarque dans cet inventaire, c'est la présence de plusieurs ustensiles de cuivre, un seau, un chaudron, une vasque, une lampe, dont le poids est chaque fois précisé; de meubles en bois de noyer, deux coffres fermant à clé, dont l'un est "presque neuf", et deux lits, dont l'un n'est qu'un "châlit sans menuiserie" garni d'une paillasse, mais entouré de rideau de "serge rouge", tandis que la garniture de l'autre est minutieusement décrite: édredon et matelas fourrés de plumes d'oie, couette piquée, draps, dessus de lit, rideaux. Et parmi les outils, si certains - "foussoirs à foussoyer le millet", "essieu de fer", "tonnelets"... - sont évidemment à usage agricole, se distingue un ensemble formé d'une "bésagude" (en français "besaiguë") qui est un instrument de charpentier*, avec "tous les outils apprêtoires (?)". Peut-on en conclure que Bertrand avait au moins commencé la construction ou l'amélioration d'une maison? Deux maçons résidaient alors dans le même hameau, dont l'un, Étienne Léris, mort dans la même période que Bertrand, était le parrain d'Étienne Vayssié. Peut-être même le coffre "presque neuf" et le lit menuisé étaient-ils l'œuvre de Bertrand...

     

    INVENTAIRE

     

    De l'inventaire, il ressort encore qu'aucune pièce de vaisselle n'est mentionnée: sans doute représentaient-elles toutes l' apport d'Anne au ménage. Dans l'équipement de la cuisine, cependant, appartiennent à l'héritage de Bertrand  "un pendant de feu", autrement dit la crémaillère, "deux landiers", ou chenets, une "petite salière bois de noyer"** et d'un "coutre à deux mains à couper le pain",

    Quant au cheptel, en plus des bœufs, il comporte quatorze brebis et une chèvre.

    Le tout est évalué à 220 livres. Ce n'est peut-être pas si peu, quand on songe que les biens remis à Bertrand par son père à l'occasion de son mariage étaient estimés à 1 000 livres.

     

    * Wikipédia:

    besaiguë /bə.ze.gy/ féminin

    1.  (Charpenterie) Outil de fer, taillant par les deux bouts, dont l’un est en bec-d’âne et l’autre en ciseau : il sert à dresser et réparer le bois de charpente et à faire les tenons et mortaises.

    INVENTAIRE Image tirée du Petit Larousse 1905.

     

    ** Il s'agit plutôt d'un meuble: une sorte de chaise dont l'assise était un coffre à sel. "Petite" signifierait-il que Bertrand l'avait faite à la taille de ses fils?

    INVENTAIRE

     

     


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                             DE SINGULIERS MARIAGES

     

    L'acte de mariage de Jean Pierre Vayssié (né en 1783) a paru longtemps introuvable. Il n'apparaît pas dans les registres d'état-civil numérisés et publiés sur leur site par les archives du Tarn-et-Garonne, qu'on le cherche dans la commune de l'un ou l'autre conjoint, ou au canton, ou même dans les communes voisines. Le registre numérisé de Mouillac, lieu le plus vraisemblable, comporte une lacune entre l'an IV (1796) et l'an IX (1801) de la République, sur laquelle les Archives ne donnent pas d'explication.

    Le contrat de mariage, lui, figure bien dans un registre de notaire de Caylus, à la date du 5 pluviôse de l'an IX. Jean Pierre ayant tout juste dix-huit ans, on peut penser que le mariage a eu lieu ce même mois ou les suivants... jusqu'à ce qu'on reçoive, de la source la plus pertinente, c'est-à-dire la mairie de Mouillac, une copie de l'acte de mariage daté du "quinzième jour de nivôse l'an six de la République (4 janvier 1798) à dix heures du matin".

    Et non seulement le registre conservé dans les archives communales comporte la mention de cet acte, mais pour ces deux années, an V et an VI, il a enregistré une bonne dizaine de mariages dans une commune qui frôlait à peine les trois cents habitants.

    Vérification faite, le registre des Archives départementales ne renferme pour les mêmes deux années qu'une pincée de pages entièrement blanches. Ce n'est donc pas qu'on ait oublié de numériser quoi que ce soit, mais bien que la municipalité de Mouillac du temps de la Révolution a déposé au greffe un registre incomplet.

    À regarder d'encore plus près, on remarque que l'acte de mariage de Jean Pierre Vayssié avec Marie Vidaillac comporte une inexactitude, le faisant naître un 11 janvier alors qu'il est né le 20: comment ne pas penser que c'est pour garantir qu'il a quinze ans révolus, alors qu'il s'en faut de quelques jours*? La fiancée, elle,  a effectivement treize ans... C'est le seul exemple de mariage aussi précoce, dès l'âge légal atteint, qui s'observe dans la lignée des Vayssié depuis le début du XVIIème siècle. Il est probable que l'union n'est devenue réelle qu'après la signature du contrat, soit trois ans plus tard, et qu'elle a été précédée d'un mariage religieux (les curés partis à l'étranger furent autorisés à rentrer par un arrêté d'octobre 1800 et le Concordat signé en juillet 1801).

     

    DE SINGULIERS MARIAGES

     

     

    Enfin, parmi les autres mariages enregistrés l'an V et l'an VI, plusieurs étonnent. Dans deux cas, les deux conjoints sont extérieurs à la commune et ne semblent pas y posséder d'attaches familiales. Surtout, dans trois autres cas, on voit des garçons de quinze ou seize ans épouser des veuves de cinquante et même soixante ans. La seule explication plausible est qu'il s'agissait par tous les moyens de les faire échapper à la conscription: les Mouillacois n'avaient aucune envie que les jeunes gens de la commune partent défendre la République ou étendre ses conquêtes! Or n'étaient réquisitionnables que les célibataires et les veufs sans enfants.  

    On peut vérifier qu'il s'agissait de mariages fictifs en se rapportant aux actes de décès des veuves complaisantes: il n'y est pas fait mention de leur second mariage. Et pas davantage (sauf dans un cas), lorsque les jeunes hommes se remarient avec des jeunes filles de leur génération, n'apparaît leur présumé veuvage.

    On est amené à conclure que, pour éviter des étonnements et des vérifications gênantes, la municipalité s'est bien gardée de transmettre ces actes de mariage au greffe du tribunal du district, les gardant sous le coude pour le cas où... Dans un petit village à l'écart, ce ne devait être ni très difficile ni très dangereux. Mais cela suppose la complicité de tous et une certaine défiance à l'égard de la Révolution et de ses suites.

    *La falsification de cette date de naissance est d'ailleurs insuffisante: le 15 nivôse correspond au 4 janvier... Mais le secrétaire de la mairie de Mouillac semble avoir eu quelques difficultés avec le calendrier républicain et il trouve plus simple de supposer que vendémiaire égale septembre, nivôse janvier, etc. L'acte implique évidemment que 15 nivôse égale 15 janvier, pour qu' avancer du 20 au 11 janvier la naissance de Jean Pierre Vayssié suffise à lui assurer quinze ans révolus.

     

     

     

     

     


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    PIERRE VAYSSIÉ BOUTIMAN 1

     

     Faute de registres paroissiaux,  j'ai cru que Jacques Vayssié, de La Salle, serait le terminus ad quem de cette recherche et qu'il serait impossible de remonter plus haut. Voici pourtant son arrière-grand-père.

    Les registres de sa paroisse, Saint-Pierre Livron, débutent en 1623 et sont incomplets: on ne l'y rencontre pas.

    Mais son nom apparaît en 1607 dans un acte passé chez Maître Célarié, notaire à Caylus, une donation de son frère Jean en faveur du fils de celui-ci, Laurent, et de son neveu, Jean, "fils de son frère Pierre, dit Boutiman". On le retrouve dans les contrats de mariage de ses fils, Antoine en 1610 et Jean en 1612, de sa fille Madeleine, également en 1612, contrats enregistrés par Maître Delrieu, de Caylus.

    Le même notaire rédige en novembre 1614 le testament de Pierre Vayssié dit Boutiman, au "masage de Rigal sive* Boissière". Ce testament révèle le nom de son épouse, Antoinette Éché et l'existence d'un quatrième enfant vivant, Jeanne, non encore mariée, mais dont apparemment le père envisage la noce puisque le legs qu'il lui réserve mentionne des robes, des brebis... Le légataire principal est Jean, ce qui suggère, sans le garantir absolument, qu'il est l'aîné des fils. Un accord conclu en janvier 1615 entre Jean et Antoine, toujours par devant Maître Delrieu, confirme le récent décès de Pierre.

     

     

    *sive: conjonction latine équivalent à "ou" dans le cas d'une équivalence entre les deux termes; quand un terme exclut l'autre, le latin emploie "aut". Quant à l'origine de la double appellation, Rigal Boissière, je l'ignore (encore).

     

    PIERRE VAYSSIÉ BOUTINIAN 1

    Maison à Rigal Boissière 1853-55

     

     

    Antoinette Éché, elle, ne meurt qu'en 1641, après avoir dicté un testament qui permet de dresser un tableau plus complet de la descendance du couple.

    PIERRE VAYSSIÉ BOUTINIAN 1

    Le surnom d'Antoine, lou Fauré, signifie  le forgeron, le maréchal ferrant. Il est déjà décédé à la mort de sa mère. De ses trois enfants, le second, Jacques, continuera à porter le surnom de Boutinian, conjointement avec son cousin Pierre, fils de Jean; il semble plausible que son fils aîné, Jean, soit le Jean Vayssié dit Faurou que mentionne le registre paroissial de Saint-Pierre Livron; sa fille Raymonde épouse Bertrand Alauset, de Lacapelle Livron, peu avant le décès de sa grand-mère, ce qui donne lieu à des ajouts en marge du testament de celle-ci.

    Le mariage de Jeanne, en 1617, a vu s'opérer en l'espace d'un mois un changement de fiancé. Un premier contrat la lie à un certain Philippe Carlier (?), contrat que signent pas moins de huit témoins, dont le curé de la paroisse, deux nobles, Charles de Vidal et un Delom, un clerc, Bertrand Audubert, cependant qu'un second contrat consacre son union avec Jean Desquines, de Rigal; les signatures cette fois sont moins nombreuses et moins prestigieuses, mais des quittances en marge attestent le règlement de la dot  en plusieurs étapes échelonnées de 1624 à 1630.

     

     

     


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    DE LA SALLE À St PIERRE LIVRON

                                                                     La Salle

     

     

                                            REMONTER LE TEMPS

     

    En dépouillant les registres paroissiaux et tant qu'il n'y a pas eu changement de résidence, il n'est pas trop difficile d'escalader les branches de l'arbre, bien que parfois des lacunes entravent la progression. Mais les registres s'interrompent, plus ou moins tôt selon les paroisses, et les familles se dispersent...

    Pour La Salle, il n'y a plus rien avant 1680.

    Mais la coexistence de deux signatures "Vayssié" dans les mêmes actes intrigue: Jacques aurait-il des parents? Ainsi ai-je fini par suivre, je ne sais plus à partir de quel indice (mention de lieu ou de filiation?), la trace de ce second Vayssié; elle conduit à St Pierre Livron, et de là à Félines, dont les registres remontent jusqu'en 1601.

    D'où la quasi certitude que le père de Jacques Vayssié, Pierre, s'était marié deux fois, d'abord avec Françoise Cases en 1638, et après le décès de celle-ci avec Florette Tournamire. Mais les lacunes des registres empêchent de fixer la date du décès de la première comme celle du remariage.

    Les actes notariés, eux, fournissent d'utiles indications: Bertrand Cases, père de Françoise, nomme encore sa fille dans son testament en 1650; le contrat du remariage de Pierre Vayssié avec Florette Tournamire est rédigé en 1652; le décès de Françoise doit donc se situer vers 1651.

     

    DE LA SALLE À St PIERRE LIVRON


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