•  Juillet 2014

     Quand j'ai commencé ce blog, je ne pensais pas pouvoir remonter plus haut dans le temps que les registres paroissiaux. Mais depuis, les actes notariés m'ont fourni de nouvelles données que je n'ai pas encore eu le temps d'enregistrer. Des inexactitudes subsistent donc, que je corrigerai ultérieurement.

     


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  •  OUI, VIVE LES NOTAIRES, MAIS...

     

    À force de chercher, on tombe sur des documents qui remettent en question ce qu'on croyait savoir - ou devoir ignorer à jamais. Ainsi un testament de Madeleine Delrieu, qui laisse supposer qu'elle est morte en 1710 plutôt que dans les années 1730. Ainsi un testament d'une Marguerite Brousses en faveur d'un Pierre Vayssié, qui met sur la piste d'un remariage...


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       ANTOINE VAYSSIÉ  (1842-1913) 

     

     

     

                                     RETOUR À MOUILLAC

     

    Second fils de Jean Antoine et de Marie Anne Maffre, il a la chance que son oncle Jean, n'ayant pas d'enfants, le fasse venir auprès de lui et le désigne comme son "légataire général et universel".

    À quelle date exactement Antoine s'est-il établi chez son oncle? Je l'ignore; ce qui est sûr, c'est que son acte de mariage en 1869 le déclare domicilié à Mouillac. Le testament de Jean Vayssié, rédigé à la même date, précise: mon neveu Antoine Vayssié résidant avec moi.

    Sans doute pour resserrer encore davantage les liens, Antoine prend pour épouse (mariage vraisemblablement arrangé selon l'usage de l'époque) la nièce de la femme de Jean. Le contrat de mariage, le testament de Jean, celui de Marie Cavaillé, sa femme, sont enregistrés le même jour par le même notaire de Puylaroque; et tandis que Jean teste en faveur de son neveu, Marie le fait en faveur de sa nièce. 

    Comment douter de la reconnaissance d'Antoine? Le prénom de son fils aîné, Jean-Marie, réunit ceux de l'oncle et de la tante, qu'on peut,  sans invraisemblance, parrain et marraine de l'enfant.

     

                                                          

                   

     

                                                         

                                                      UN ACCIDENT

     

    On était la veille de la Mi-Carême 1883: occasion de gourmandise autorisée en ce temps où les prescriptions de l'Église avaient encore force de loi.

    - Je vais nous préparer des beignets de pommes, dit-elle à sa maisonnée.

    Les pommes, on les conservait dans le grenier au-dessus de la grange. Elle dressa l'échelle, elle monta, elle les entassa dans son "devantal", ce tablier qui protégeait par-devant la jupe des femmes. Sur son ventre qu'arrondissait une nouvelle grossesse, cela faisait entre elle et l'échelle, tandis qu'elle descendait, un embarras: elle tomba. C'est ce que j'imagine. Mais peut-être est-ce son pied qui a glissé sur un barreau, ou l'échelle qui a basculé...

    Se ressentit-elle aussitôt de la chute ou crut-elle s'en tirer sans mal? Je l'ignore. Mais dans la nuit une hémorragie interne l'emporta, à trente-sept ans. Le jour qui devait être de fête fut un jour de deuil.

    Le portrait de Marie Julienne Cavaillé, épouse d'Antoine Vayssié, dans un cadre ovale noir souligné par une bordure intérieure de clous dorés, prit place sur le mur de la cuisine, pour trois quarts de siècle. Je l'y ai vu toute mon enfance, mais il a fallu la cousinade de 2014 pour que j'apprenne comment elle était morte. Sa fille, sœur de Jean-Marie et par conséquent ma grand-tante, en avait raconté les circonstances à l'une de mes cousines les plus âgées, de la bouche de qui les a recueillies sa nièce, qui me les a rapportées.

      

                                    

     

     APRÈS

     

    Après le décès accidentel de Marie (Julienne) Cavaillé,en 1883, quel "M. Vayssié" commanda l'ovale de bois verni noir dans lequel sa photo fut encadrée et suspendue au mur de la cuisine, où je l'ai vue toute mon enfance? Antoine, son mari? Jean, qui par alliance était deux fois son oncle? Et d'où venait cette photo dont il n'est resté aucun autre exemplaire dans les rares clichés antérieurs à la Grande Guerre demeurés à Mouillac?

    En tout cas,  c'est ainsi, en image, que Marie veilla sur les quatre orphelins qu'elle laissait. Sur ses six enfants, le couple en avait perdu deux: une fille mort-née et un garçon de six mois.

     

    Antoine Vayssié

     

     

     

     

     

     


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                                               ET VIVE LES NOTAIRES!

     

    Certes les minutes notariales du XVIIème siècle sont presque indéchiffrables pour un œil peu expérimenté tel que le mien, mais on parvient tout de même à y repérer d'intéressantes précisions. Dans la transcription des identités, les notaires font souvent montre d'une plus grande minutie que les registres paroissiaux; sans doute soucieux d'éviter les confusions entre homonymes - sources potentielles d'imposture ou d'escroquerie - ils ne manquent pas de préciser chaque fois les éventuels surnoms et les liens de parenté. C'est bien grâce à eux que je tiens enfin la preuve que le Jacques Vayssié de La Salle avait pour demi-frère le Jean Vayssié de Saint-Pierre de Livron dont la signature voisine plus d'une fois avec la sienne, grâce à eux encore que j'ai retrouvé la date du décès de leur père commun.

    En outre, on trouve dans les registres notariaux des actes dont on ne soupçonnait pas l'existence, qui n'étaient mentionnés ni dans les traditions familiales ni dans d'autres documents, et qui jettent un éclairage fascinant sur la personnalité des aïeux. Ainsi telle donation, qu'on est tenté d'interpréter comme un signe d'amour dans un mariage, ou tel testament qui révèle une âme de patriarche dans un homme sans enfants, ou tel autre qui émane d'un garçon de quinze ans...

     

     

                         DEUX TESTAMENTS

                         DEUX MARIS ATTENTIONNÉS

     

    À presque deux siècles de distance, il est touchant de retrouver le même souci d'assurer l'avenir d'une probable veuve. Indice sans doute de la dépendance des femmes, mais peut-être aussi de sens du devoir chez le testateur, ou de sentiments que les mariages arrangés n'empêchaient pas.

    En 1687, Pierre Vayssié, dit Boutiman, "gisant malade dans son lit, voyant, oyant et proclamant lucidement sa mort assurée" veut "éviter les disputes après son décès". Ne sachant écrire, pas même signer son nom, il a donc convoqué le notaire et plusieurs témoins. Son acte de décès, quelque jours plus tard, évaluera son âge à "environ soixante-dix-huit ans" : surévaluation probable de trois ou quatre ans, le contrat de mariage de ses parents ayant été dressé en 1612. Comme, veuf, il s'est remarié, sa seconde femme, Florette Tournamire, a une bonne vingtaine d'années de moins que lui. Aussi prend-il soin de lui léguer "tant qu'elle vivra disposition annuelle de vingt-quatre quartons de blé, moitié froment, moitié seigle ou orge, plus une barrique de bon vin pur, une demi-barrique de vin, six livres de lard et pourceau salé, six livres de graisse de pourceau, six livres d'huile de noix, une robe tous les trois ans, une paire de souliers chaque deux ans". Il précise les dates auxquelles doivent être livrés ces différentes denrées. Il y ajoute "la jouissance d'une chambre" pour laquelle il prescrit de faire un couloir afin qu'elle puisse s'y rendre depuis "la salle": il semble exister deux maisons, dont l'une est dite "la maison vieille", qu'il convient de rendre communicantes à l'aide d'un "pont". "Dans laquelle chambre", précise encore le testament, "y aura les meubles qui sont nécessaires pour son service ou usage". Enfin la veuve aura "la faculté de prendre des herbes potagères au jardin et du bois au bûcher pour son chauffage, le tout pendant sa vie".

     

    En 1869, Jean Vayssié dit Bertrand n'a que cinquante-sept ans et ne se sent pas sur le point de mourir; mais il marie son neveu Antoine, qu'en l'absence d'enfants il a choisi comme héritier, à la nièce de sa femme, et pour compléter le contrat de mariage il dicte son testament - car lui non plus ne sait ni écrire ni même signer.

    "Je donne et lègue à Marie Cavaillé, mon épouse, sans profession demeurant avec moi, l'usufruit et jouissance sa vie durant d'une chambre garnie située au midi de la maison d'habitation que je possède à Cavaillé, commune de Mouillac; cette chambre sera garnie de deux lits complets, d'une armoire, d'un buffet, de douze draps de lit, six nappes, douze serviettes, douze essuie-mains; ce linge sera choisi parmi le meilleur linge de la maison. Je lègue en outre à mon épouse tous les meubles et ustensiles de ménage qui lui seront nécessaires pour son usage journalier. Plus, je lègue à ma dite épouse une rente annuelle et viagère de six cents francs payable de trois mois en trois mois. Plus, je lègue à ma dite épouse le droit de prendre dans les biens que je laisserai à mon décès tous les fruits et légumes verts qui lui seront nécessaires pour sa consommation.

    Dans le cas où ma dite épouse viendrait à se remarier, le legs que je viens de lui faire ci-dessus serait réduit à une pension annuelle et viagère de trois cents francs."

    Ces legs sont les tout premiers mentionnés, avant même les dons à l'église de Mouillac. Jean Vayssié meurt en 1886, Marie Cavaillé en 1891.

     


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    JEAN ANTOINE VAYSSIÉ  (1815 -1890)

     

                                            LE SORT DES CADETS

     

    Quand les exploitations ne sont pas assez riches pour nourrir plus d'une famille,  trop peu étendues pour être divisées, et qu'il y a plusieurs fils, un seul d'entre eux, souvent l'aîné, peut se marier sur place. Ainsi  Bertrand Vayssié a-t-il quitté La Salle, ainsi le frère aîné d'Étienne Vayssié est-il resté célibataire...

    Des cinq fils de Jean Pierre, c'est à l'aîné, son homonyme, que revient la responsabilité de prendre sa suite; Jean, le cadet, ne se marie qu'après sa mort. Les plus jeunes, Jean Antoine, Joseph, vont s'établir ailleurs - ce sera Caylus pour le second, c'est Lalbenque, dans le Lot, pour le premier.

     

      MA FEMME SA MÈRE SON PÈRE ET MON BEAU-FRÈRE

     

    En se mariant, c'est une famille qu'épouse Jean Antoine. Sa femme, Marie-Anne Maffre, ne porte dans son acte de naissance que le prénom de Marie; peut-être son prénom usuel lui vient-il du baptême, ou bien d'une confusion avec une sœur aînée morte à deux ans; elle aura également un frère cadet, mort à cinq ans; elle a surtout un frère aîné, Antoine, dont l'acte de décès indique qu'il était sourd muet. Il semble bien qu'en allant vivre dans sa belle-famille, Jean Antoine Vayssié accepte aussi, explicitement ou non, la charge de ce beau-frère une fois que ses parents auront disparu.

    Le mariage de Marie-Anne Maffre et de Jean Antoine Vayssié a lieu à Lalbenque en 1838, où le couple continuera de vivre; à la mort du père de Marie-Anne, c'est elle et son frère qui sont désignés comme héritiers, et c'est seulement à la mort du frère, en 1883,  qu'est rédigé un acte de donation partage au bénéfice des enfants du couple.

     

     

    JEAN ANTOINE VAYSSIÉ

     

     

    Des sept enfants, trois fils seulement survivent.

    L'aîné, Jean, prend la suite de ses parents et de ses grands-parents à Laboul. Son mariage est marqué par une curieuse péripétie: dans les publications, il est annoncé à un mois d'intervalle avec deux fiancées successives. Est-ce Jean qui a rompu, est-ce sa première promise? Rien ne l'indique, toutefois Jean fera enregistrer quelques mois après le mariage un acte de donation en faveur de sa femme. Il épouse Marie Dejean Méric (dont le nom est souvent altéré en Dajean) à Vaylats, au début de 1869, et sa signature sur l'acte de mariage prouve qu'il savait écrire et que l'orthographe de Vayssié avec y s'imposait. Deux enfants naîtront, tous deux morts en bas âge, si bien qu'après la mort de sa femme en 1906, il semble avoir été accueilli à Mouillac par son cadet et son neveu: sa signature figure dans un acte de mariage dressé par ce dernier devenu maire.

    Le second, Antoine, prendra à Mouillac la suite de son oncle Jean.

    Quant au troisième, également prénommé Antoine, j'ai pour l'instant perdu sa trace: il ne figure pas dans les tables décennales de mariage de Lalbenque, ni dans les tables de décès (qui ne sont, il est vrai, numérisées que jusqu'en 1902); ce qui est sûr, grâce au testament de Jean Vayssié, son oncle, c'est qu'en 1869 il était "soldat".

     


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