• TROP DE VAYSSIÉ

      

     

    À la fin du quinzième siècle et au début du seizième, les registres de notaires (qui sont en latin)  mentionnent des Vayssiera, Vayssie  voire Vacxiera.  Les trois formes semblent avoir abouti en français à Vayssié ou Vaissié, parfois Vaissière. Il n'est pas aisé de savoir s'il s'agit de parents ou d'homonymes.

    Un Vayssié est venu du sud de l'actuel Cantal s'établir à Caylus, en épousant la fille d 'un certain Géraud Gras; s'agirait-il de l'ancêtre des Vaissié qu'on trouvera ensuite au masage de Grasset?

    Un Bernard Vaxiera, prêtre, fait son testament en faveur d'un autre Bernard, son neveu, également prêtre.

    Le premier Bernard a pour frère un Jean Vayssiera, marié à une Gaillarde "de Podio" (Delpech), père d'un autre Jean qui, lui, ne semble avoir eu que des filles.

    Un autre Jean Vayssiera, prêtre, originaire de Beauregard, dans le Lot aujourd'hui, fait son testament en faveur en faveur de son neveu Bernard, fils de Jacques.

    On trouve aussi des Vayssiera - un Guillaume, deux Antoine - à Puylagarde, village voisin de Caylus...

    Mais pour l'instant, manque le lien avec le Bernard Vayssié qui, après avoir acheté plusieurs "pièces de terre" en 1528 et 1529, marie son fils Laurent à Catherine Ramond en 1531  et qui est, sans doute possible, l'ancêtre direct de Jean-Marie Vayssié.

     

     

     

     

     


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    RAYMONDE (161*-1668)

     

    Antoine Vayssié, selon le testament de sa mère, Antoinette Éché, laisse trois enfants: une fille, Raymonde, et deux fils, Jean et Jacques. 

    Mariée à un maçon de Lacapelle-Livron - elle doit approcher la trentaine et lui la cinquantaine si l'on en juge par leurs actes de décès -, elle semble n'avoir eu de Bertrand Alauzet qu'un fils, prénommé lui aussi Bertrand, qui se marie en 1672 à Saint-Amans de Promilhargues avec Marguerite Pagès, et peut-être une fille morte tout enfant.

      

     

     

     JEAN  (161*-1666)

     

    Il épouse en 1635 Antoinette Cavaillé, de la paroisse de Saint Symphorien, et reçoit par contrat de mariage la moitié des biens de son père. Surnommé tantôt "Fauré" comme celui-ci, tantôt "Faurou" comme le seront ses descendants, il est à la fois laboureur à Rigal pour son propre compte et métayer au service de François de Lagardelle. Dans son testament établi en 1666, il nomme une fille et cinq fils.

    Sa fille Marie (1642-1702), deux fois veuve, ne laisse pas de postérité. Deux Jean sont nés, l'un en 1636, l'autre en 1641, mais le testament n'en mentionne qu'un: on peut donc penser que l'aîné a disparu très tôt. Celui qui survit se place comme valet aux Mondonnets, chez Éché, dit Petit. Un Jacques, né sans doute au début de 1650 (le registre comporte une lacune entre janvier et avril) puisque décédé en 1700 à l'âge de cinquante ans, exerce à Rigal le métier de tailleur. C'est Bernard (1644-1703) qui est désigné comme héritier; laboureur à Rigal et marié deux fois, il laisse une dizaine d'enfants dont une majorité de garçons. Auprès de lui demeure Michel (1652-1703), brassier, à qui ne survit qu'une fille. Enfin Guillaume (1646-1679) s'est établi par son mariage au hameau de Fontanilles; il laisse un fils.

    Ce sont donc évidemment les descendants de Bernard qui contribueront, avec ceux de Pierre Vaissié Capsec et ceux de Jean Vaissié Boutiman à perpétuer le nom à Rigal.

     

    LES DESCENDANTS  DU "FAURÉ"

     

     

     

     

      

     

     

     JACQUES (vers 1621-1694)

     

     Il exerce le métier de maçon et vit au hameau du Berry, d'où est originaire sa femme, Jeanne Ruand. Le mariage a eu lieu en 1655, soit vingt ans après celui de son frère Jean.

    Sur les sept enfants du couple que permettent de connaître les registre des baptêmes, six survivent.

    Catherine (1656 - ????)  est l'aînée; elle a épousé Antoine Alauzet avant 1688, année où celui-ci donne quittance de la dot à son beau-père, mais j'ignore dans quelle paroisse elle a fini sa vie.  La seconde fille, Jeanne (1659- 1718), épouse Jean Raynal, du hameau de Lestang, dans la paroisse de Notre-Dame de Livron.

    Naît ensuite Jean (1663-1738), qui, marié à Catherine Bosc en 1695, se verra continué surtout par ses deux derniers fils, tous deux prénommés Pierre et tous deux pourvus d'une assez abondante descendance; Pierre aîné, né en 1699, a pour épouse Françoise Bousquet et vit jusqu'en 1774; Pierre cadet (1708-1787) se marie deux fois, d'abord avec Marie Vidaillac (1698-1746), puis avec Catherine Donnadieu.

    Un deuxième fils, Jacques (1665-1713), qui épouse en 1696 Marie Poussou, exerce comme son père le métier de maçon et se trouve, lui aussi, ancêtre d'un bon nombre de Vaissié (puisque c'est ainsi que s'écrira définitivement le nom de cette branche).

    Deux autres fils disparaissent prématurément: Bertrand, né en 1667, meurt peu après sa naissance; Antoine, né en 1672 et resté célibataire, disparaît en 1707 à l'âge de trente-cinq ans.

    Une dernière fille, Marie, est née en 1670.

     

    LES DESCENDANTS  DU "FAURÉ"

     

     

     

     

     

     

     


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    JEAN DELRIEU

     

     

    SOLUTION D'UNE ÉNIGME

     

    Si l'on trouve des Vidaillac à Mouillac dès les années 1480, on n'y rencontre pas de Delrieu. D'où venait donc Jean Delrieu, premier mari d'Antoinette Vidaillac, et père de Madeleine qu'épouse en 1690 Pierre Vayssié Dinié ?

    À feuilleter les registres des notaires du dix-septième siècle, on se trouve face à trois homonymes: l'un du hameau de Ribet, un autre de celui de Courtès, et un troisième de Pechpoujol. C'est ce dernier qui a épousé en janvier 1668 Antoinette Vidaillac et qui, par ce mariage, est devenu le successeur d'Antoine Vidaillac, lequel n'avait que des filles; le contrat de mariage précise effectivement que le jeune couple vivra avec ses beaux-parents, n'ayant, selon la formule alors en usage, qu'"un même pot et feu et habitation" avec ceux-ci.

    On comprend du même coup quel cheminement a conduit Jacques Vayssié à aller chercher à Mouillac une épouse pour  son fils, ainsi qu'une seconde épouse pour lui-même. En effet, Marguerite Peyronnenc, sœur aînée de sa première épouse, Jeanne Peyronnenc, était mariée avec Pierre Delrieu de Pechpoujol, l'un des frères de Jean. Ainsi se tissent les réseaux familiaux...

    Et l'on admire aussi l'habileté de ces Vayssié à choisir pour femmes des héritières!

     SOLUTION D'UNE ÉNIGME

     

     


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    HOMONYMIE ET PARENTÉ

     

     

    IL Y A RAMOND ET RAMOND 

     

    On était tenté de croire que Catherine Ramond, femme du premier Laurent Vayssié, et François Ramond, mari de sa belle-sœur Marguerite Vayssié, étaient frère et sœur. Les doubles mariages de ce genre - un frère et une sœur avec une sœur et un frère - se rencontrent en nombre dans les registres de notaires au quinzième et au début du seizième siècle: en 1477, Géraud Varen épouse Jeanne Delrieu tandis que sa sœur Guillemette épouse Pierre Delrieu; en 1502, Antoine Ruans épouse Ricarde Calmon quand sa sœur Catherine épouse Jean Calmon, pour ne prendre que deux exemples.

    Il n'en est pourtant pas ainsi s'agissant de Catherine et de François Ramond. Il n'est ni exclu ni avéré qu'il puisse exister entre eux un cousinage plus ou moins lointain, mais ils n'appartiennent pas à la même fratrie.

    Catherine est la fille d'un Jacques Ramond, de Lamandine, ainsi que le confirme le testament de son père en 1551, testament dans lequel sont nommés huit enfants, mais aucun François. 

    Inversement, un Jean Ramond qui teste en 1534 a bien parmi ses héritiers un François, mais je manque de preuves pour décider s'il s'agit du mari de Marguerite Vayssié.

    Marguerite et son mari sont décédés avant 1548: elle n'apparaît pas, contrairement à ses sœurs, dans le premier testament (en avril 1548) de son frère Pierre - qui par ailleurs nomme comme sa nièce une Cécile Ramond, probablement fille du couple, et mentionne incidemment un "champ des héritiers de François Ramond".

     

     

     

     

    D'UNE ÉCHÉ À L'AUTRE

     

    Au contraire, Antoinette Éché, femme de Pierre Vayssié Boutinian, est selon toute vraisemblance la petite-nièce de  Marguerite Éché, femme du premier Pierre Vayssié, oncle de son mari. C'est ce qui ressort de son "affrayrament" avec son mari en 1576, du premier testament de l'oncle Pierre, du testament de Raymond Éché en 1549 et d'un acte de mariage de 1552.

    Dans l'acte d'"affrayrament", Antoinette est dite "fille de Jean Éché may jove (plus jeune)". L'oncle Pierre désigne Raymond Éché comme son beau-frère, donc frère de sa femme Marguerite. Raymond nomme dans son testament  deux fils," Jean may vielh et Jean may jove". En novembre 1552, un "Jean Éché may jove, fils de feu Raymond" épouse Jeanne Cammas, de Lalbenque, tandis que sa sœur Antoinette épouse Pierre Cammas.

    Il paraît donc légitime de conclure qu'Antoinette, femme de Pierre Vayssié Boutinian, naîtra de ce mariage. Double raison pour l'oncle Pierre et la tante Marguerite de choisir le couple comme héritier.

     

    HOMONYMIE ET PARENTÉ

     

     

     


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    JEAN VAYSSIÉ  dit Boutiman

    après 1576 - 1649 

     

     

     

    Impossible, bien entendu, de connaître sa date de naissance, ni même de savoir s'il était l'aîné. Son frère, Antoine, se  marie deux ans avant lui, mais cela ne prouve rien. Quant à son acte de décès, il doit se trouver dans une lacune du registre de Saint-Pierre de Livron.

    Ce qui est sûr, c'est qu'il fait rédiger  son  - quatrième! - testament en février 1649, à Rigal,  et que ses deux fils, Pierre et Jacques, règlent sa succession en mai de la même année.

    Goût de la conciliation? Sens du devoir? Sincérité de son affection pour celui qui doit être son parrain? En 1607, il consent à l'arrangement élaboré par son oncle Jean pour préserver l'intégrité des biens familiaux sans déshériter son fils Laurent: faire une donation conjointe - et qu'il voudrait irrévocable - à ce fils et à son neveu. Mais plus tard Jean conclut un nouvel accord avec son cousin (qui semblait bien décidé à se lancer dans un procès), et c'est seulement après le décès de celui-ci qu'il rachètera à Catherine, fille de Laurent, la part distraite du patrimoine familial.

     En 1612, il épouse Marie Ruand, du hameau du Berry, fille de feu Louis Ruand et de Cécile Donnadieu. Marie serait-elle cousine de Catherine Gautier, sa belle-sœur puisque femme d'Antoine Vayssié? Catherine est fille d'une Antoinette Donnadieu... mais les homonymes, ici encore, sont nombreux.

    Deux fils naissent. L'aîné, le second Pierre Boutiman, figure déjà dans le premier testament de son père, établi en 1615. Du fait qu'il porte le prénom de son grand-père on peut induire que celui-ci est son parrain - c'est un usage auquel les Vayssié ne dérogent pratiquement jamais jusqu'au dix-neuvième siècle -, et donc fixer sa naissance entre 1612, mariage de ses parents, et 1614, décès du premier Boutiman. Jacques, lui, n'apparaîtra que dans les deux testaments  de 1634; il est donc né après 1615. 

     

     

     

     

     

     LE FILS CADET

     

    Il tient peut-être son prénom de Jacques du beau-père de sa tante Madeleine, Jacques Éché, qui habite  avec fils et bru le hameau voisin des Mondonets.

    Il s'installe comme brassier à Caylus, où il achètera une maison à proximité de l'église. En 1645, il épouse Marguerite Doulhiac, fille de Pierre et de Catherine Bès. Un fils leur naît en 1649, dont le parrain est sans doute Pierre Vayssié Boutinian, lui-même devenant père cette année-là d'un fils prénommé Jacques.

    Le petit Pierre meurt en 1655, alors que son père est décédé depuis déjà cinq ans: sa sépulture est datée du 16 mai 1650.

    Le couple a également eu une fille, ensevelie, elle, en août 1651, dont le curé ignore le prénom (il inscrit simplement "une petite fille de Jacques Boutinian") et dont la naissance n'apparaît nulle part dans le registre de Caylus - fort lacunaire pour cette période. Peut-être s'agit-il d'une enfant posthume qui n'a vécu que quelques mois.

    Marguerite Doulhiac se remarie en 1656 avec un marchand de Caylus, mais dicte son testament et sans doute meurt dès l'année suivante. 

     

     

     

     QUATRE TESTAMENTS

     

     Le record, si l'on ose dire, revenait jusqu'alors à Antoinette Roucal, avec ses trois testaments.

    Mais Jean Vayssié Boutiman  en a fait établir quatre. Le premier date de septembre 1615, alors qu'il devait avoir entre trente et quarante ans; il est tombé malade, il a perdu son père l'année précédente  et son oncle Jean vers la même époque, peut-être aussi son cousin Laurent. Il juge sans doute prudent d'organiser sa succession. Il n'oublie personne, prévoyant des legs pour son frère Antoine, ses deux sœurs, Madeleine et Jeanne, sa mère Antoinette Éché, sa femme Marie Ruand; il désigne comme héritier son fils Pierre, encore tout petit (deux ans peut-être).

    Ayant survécu, il attend 1634 pour faire établir deux autres testaments à quelques mois d'intervalle, l'un en mai, l'autre en août. Cette fois, il n'est plus question de ses frère et sœurs; une somme de quatre cents livres est réservée à son fils cadet, le logement et la subsistance à sa mère et à sa femme, son fils aîné demeurant l'héritier principal. Un seul changement entre les deux testaments: celui d'août lègue à Marie Ruand une vigne acquise entretemps.

    Le dernier testament est de février 1649. Il ne reste plus comme légataires que Marie Ruand, qui reçoit la jouissance de la maison et tout ce qui est nécessaire à sa subsistance, et les deux fils, le cadet recevant quarante livres (comme il s'est marié, son père l'a déjà gratifié de quelques avantages), et Pierre conservant sa position.

    Un accord entre les deux frères, en mai 1649, confirme le décès de leur père.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     


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