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     LAURENT VAYSSIÉ 1

     

    En l'absence de registre,  il n'est évidemment pas possible de connaître avec précision sa date de naissance, mais son mariage ayant eu lieu en 1531, on peut raisonnablement le supposer né entre 1500 et 1510.

    Il est souvent nommé "Laurent mas vielh" dans les actes pour le distinguer de son frère cadet homonyme.

    En février 1531, il épouse Catherine Ramond, fille d'un Jacques Ramond, de La Mandine, en qui on est tenté de voir l'ancêtre des Ramond surnommés Mandine, dont l'un, Bertrand, sera près de  deux siècles plus tard le mari d'Anne Vaissié, demi-sœur du Jacques de La Salle, et le parrain de Bertrand Vayssié.

    La donation consécutive au contrat de mariage est signée dans la maison d'un prêtre de Caylus, Bernard Dejean, sans doute parent de la Catherine Déjean qui est la mère de Catherine Ramond. Bernard Vayssié donne à son fils le tiers de ses biens, et Jacques Ramond quarante livres à sa fille.

    Associé à son frère Pierre dans ce qu'on appelle un "affrayrament", Laurent s'établit à Boissière à la suite d'achats en particulier aux frères Calmon, premiers tenanciers du lieu après la Guerre de Cent Ans. Les deux frères, ensemble ou séparément, concluent plusieurs autres achats, d'où l'on peut déduire que leur principal objectif était d'étendre leurs terres.

    Laurent teste en 1557. Le Laurent Vayssié nommé dans un acte de 1574 est vraisemblablement son frère cadet, qui porte le même prénom.

    De ses cinq enfants, Jean semble être l'aîné: c'est à lui que Laurent fait donation de la moitié de ses biens en 1555 à l'occasion de son mariage avec Claire Éché, et c'est lui qui est désigné comme héritier "général" conjointement avec Arnaud. Mais c'est finalement Pierre, surnommé Boutinian, et peut-être le plus jeune - il ne se marie que vingt ans après son frère, en 1576 -, qui disposera de Rigal. 

     

     


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     DES ONCLES

      

    On le sait, si Jean-Marie Vayssié est né à Mouillac, c'est parce que son père Antoine avait été choisi comme héritier par son oncle Jean qui n'avait pas d'enfant - mais qui avait d'abord songé pour prendre sa suite à un autre neveu, Jean Rivière, fils de sa sœur Marianne, ainsi que le prouve un premier testament rédigé seulement huit ans après son mariage, comme s'il savait déjà qu'il n'aurait pas de postérité. Ou peut-être l'exemple de son frère aîné, Jean-Pierre, décédé intestat et sans descendance, l'avait-il persuadé de la nécessité de prévoir sa succession.

     

    DES ONCLES

    La tombe de Jean Vayssié à Mouillac

     

    Curieusement, ce même schéma d'un oncle "adoptant" son neveu paraît s'être produit deux autres fois dans la lignée.

    En 1576, Pierre, frère de Laurent, choisit ainsi son neveu et sans doute filleul Pierre comme continuateur, et peut-être au détriment de l'aîné, Jean, et du fils de celui-ci, le second Laurent.

    Il semble enfin (mais il faudrait trouver d'autres indices, sinon des preuves) qu'en 1515 un autre Jean Vayssié n'ait pas eu d'autre héritier qu'un neveu, nommé Bernard, et fils d'un Jacques. Reste à démontrer que ce Bernard est bien le même que celui qui rédige à son tour son testament en 1537.

     

     

     

     


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    LES ENFANTS DE BERNARD 

         Certitudes et hypothèses 

     

     Concernant les deux fils désignés comme héritiers dans le testament de Bernard Vayssié, Laurent vieilh (vieux) et Pierre, les choses sont claires.

    Laurent épouse en 1531 Catherine Ramond et reçoit de son père le tiers de tous ses biens meubles et immeubles. Le couple aura quatre enfants (survivants en tout cas), Jean, Arnaud, Catherine et Pierre; ce dernier est le Pierre surnommé Boutinian, décédé en 1614 et ancêtre avéré de Jean-Marie Vayssié, mon grand-père.

    Pierre épouse Marguerite Éché, dont il n'a pas d'enfants, du moins qui lui survive; c'est pourquoi il choisit comme héritier son neveu, homonyme et sans doute filleul, Pierre (toujours le même Boutinian), ce qui semble avoir provoqué quelques frictions familiales, d'autant plus que le premier Pierre et son épouse ont, par d'assez nombreux achats, accru leurs propriétés.

    De Laurent jove (jeune), je ne sais encore rien, sinon qu'en 1546 il donne quittance à Laurent vieilh, son frère, peut-être pour le règlement de la succession de leur père.

    Raymond négocie en 1534 un achat (apparemment celui d'une chènevière); il s'est marié, mais j'ignore avec qui; il laisse une fille, Alix, qui, avec son mari (dont le prénom est Jean et le nom peut-être Vernhes ou Vinhes ou Vérines), réclame en 1564 la part de l'héritage promise à Raymond, qui doit donc être décédé avant cette date.

    Marguerite est mariée dès avant 1531, puisqu'elle apparaît le 3 juin de cette année-là dans un acte notarié en tant que "femme de François Ramond". Ce François est-il parent de la femme de Laurent?  Rien ne le prouve pour l'instant. En 1533, Marguerite dicte son testament, par lequel elle désigne comme héritiers son mari François Ramond et son fils Bernard; mais elle vit encore en 1537  puisqu'elle figure dans le testament de son père.

    Anne a peut-être épousé Jean Varen; en tout cas une Anne Vayssié associé à un Jean Varen est nommée en 1531 dans le testament d'un Antoine Varen de Saint Pierre Livron, et Jean Varen est associé à Pierre et Raymond Vayssié dans un acte de la même année.

    Restent Cécile (que les notaires écrivent assez bizarrement: Sessilie ou Cessilia), Catherine  (et non Guillemette, comme je l'ai cru un moment) et Antoinette, dont je n'ai pas trouvé d'autre trace jusqu'à présent que leur nom dans le testament de Bernard.

     

     


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    LE TESTAMENT DE BERNARD - bis

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    UTILITÉ DES RELECTURES

     

    Latin ou pas, gribouillis ou pas, l'entêtement armé d'une loupe parvient à grappiller quelques détails supplémentaires.

    D'abord Bernard Vayssié n'est pas établi à Rigal Boissière, mais sans doute déjà sur la paroisse de Saint Pierre Livron puisque c'est là qu'il désire être enseveli et il prévoit un legs à cette église ainsi qu'à la "table du Purgatoire".

    À chacun de ses deux fils cadets, il lègue 40 livres, dont 20 dans l'immédiat.

    À chacune des ses quatre filles, il laisse 5 sols, c'est-à-dire la somme qui semble conventionnellement signifier que le testateur n'oublie pas les enfants déjà dotés. On est donc amené à penser qu'elles sont toutes mariées et dotées en 1537, année de la rédaction du testament, bien qu'on n'ait pour l'instant de traces que du mariage de l'aînée, Marguerite.

    Enfin un assez long passage est consacré au legs fait par Bernard à sa femme, "Guilhelma Martina", en français Guillemette Marty (plus probablement que Martin); ce legs comporte une somme de 5 livres et sans doute (mais pas encore déchiffré) l'ensemble des biens nécessaires à sa subsistance, selon l'usage qu'on observe dans d'autres testaments.

    Parmi les témoins se rencontrent deux Éché, dont un Pierre (pourrait-il être  le grand-père de Claire Éché, femme de Laurent Vayssié?), un Calmon et un Bousquet, dont les descendants se retrouveront à Rigal.

     

     


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                                                 QUELQUES LUEURS

     

    Pourquoi Rigal-Boissière? Pourquoi ce hameau où vivent nos ancêtres Vayssié dès le premier tiers du seizième siècle porte-t-il un nom double?

    D'après l'ouvrage d'André Pégorier, Les noms de lieux de Caylus et des communes de son canton, le nom de Boissière est attesté en 1275; il sera parfois écrit Bouissière (ou Bouyssière), ce qui suggère qu'il pouvait être dû à l'abondance de buis (lou bouis), à moins que...?

    Des pièces d'un procès intenté quelques années avant la Révolution à un Jean Vaissié, descendant de Pierre Vayssié dit Boutinian et de sa seconde femme, Florette Tournamire, fournissent quelques indications. À la fin du quinzième siècle,  la métairie de Boissière aurait appartenu à un Géraud  Gasc, qui l'aurait "donnée à cens et à nouveau fief à Pierre et Rigal Calmon, frères"; le prénom de Rigal aurait par la suite servi à désigner la métairie.

    Le dépouillement des archives de notaires montre qu'il semble y avoir eu une période intermédiaire (dans les années 1530, par exemple), pendant laquelle on utilise les termes de "mas" ou de "manse" de Boissière ou encore des Calmons; le nom de Rigal, lui, est employé aux alentours de 1550.

    Ce qui apparaît en outre, c'est une vente faite en 1533 par Jean et Pierre Calmon à Laurent et Pierre Vayssié, et un peu plus tard (peut-être en 1537) la reconnaissance (lausime) par des Gasc de ce changement de tenanciers pour la "manse" de Boissière.

    Mais comment Bernard Vayssié, père de Laurent et de Pierre, est-il arrivé à Boissière? Y est-il né? Aurait-il épousé une Calmon, descendante de Rigal?

    Ou bien un Éché portant le même prénom aurait-il aussi joué un rôle dans ce changement de dénomination? C'est un fait que Marguerite Éché (fille d'un Jean), épouse de Pierre et belle-sœur de Laurent contribue à l'extension du domaine en multipliant, seule ou associée à son mari, les achats de terres; et c'en est un autre que le second Pierre, fils de Laurent et héritier de son oncle et sans doute parrain, épouse une Antoinette Éché dont je ne connais pas l'ascendance.

    Voilà encore bien des points à éclaircir!

     

     


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