•  MOUILLAC

      

     MOUILLAC

                                                        (Carte de Cassini)

      

          

    En quittant La Salle pour Mouillac, Bertrand Vayssié passe d'une commune qui s'administre librement (sous le contrôle, il est vrai, de plus en plus étroit du pouvoir royal), pour un territoire qui dépend de la Commanderie des Hospitaliers de Lacapelle-Livron.

     

    MOUILLAC

     

    Le Bulletin de la Société archéologique du Tarn-et-Garonne  nous fournit quelques indications sur ce que cette situation impliquait pour les emphytéotes*:

    La Commanderie de Lacapelle-Livron dépendait du Grand Prieuré de Saint-Gilles, dans la langue de Provence, dont elle était l'un des membres les plus importants. La riche métairie du Puy d'Auzon, les terres et les bois de Mouillac, la majeure partie de Canteyrac, avec une pointe jusqu'à Varaire,appartenaient à l'Ordre. . [...] 

    La nomination des desservants des cures suivantes : Loze, La Trivale, Lacapelle, Mouillac, Saint-Géry, Saillagol, Lugan, Saint-Amans, bien que relevant de l'évêque de Cahors, était soumise à la présentation du Commandeur des Hospitaliers. [...]

     En 1476, Jean D'ARLENDE bailla à nouveau cens toute la terre de Mouillac depuis longtemps abandonnée. Il permit la dépaissance, mais il se réserva d'y couper son bois de chauffage et son bois d'œuvre pour les constructions. Il était prévu que le Commandeur pouvait mettre dans les pâturages (sans jamais dépasser) 50 moutons, 4 bœufs. 12 porcs. Les emphytéotes ne pouvaient chasser ni lapins, ni perdrix, et ils devaient remettre au Commandeur un quartier de tout cerf, sanglier ou chevreuil tués. Les 907 hectares de Mouillac furent répartis entre 10 tenanciers de Lacapelle, Loze et Lalbenque, moyennant 80 écus d'or, 23 setiers de froment, 10 d'avoine, 10 livres de cire, douze paires de gélines, puis, à chaque changement de Grand-Maître de Rhodes, siège du Supérieur Général de l'Ordre, 10 sous d'acapte et 10 sous de réacapte également à la mort de chaque tenancier. II devait y avoir 2 consuls chargés de lever la taille, l'ovale et de désigner les gardes qui feraient le guet aux chatières de Lacanelle, quand besoin en serait. Enfin, le Commandeur, soucieux de la mise en culture des terres, exige que les 10 tenanciers aient au moins 24 paires de bœufs de labour (acte du 19/12/1476). [...]

     La Commanderie de Lacapelle-Livron, comme toutes celles de France d'ailleurs, n'existe plus depuis 1790, époque à laquelle le dernier chevalier prit le chemin de l'exil. La totalité du domaine a été vendue comme bien national dès la Révolution. Ainsi furent dispersées et partagées les immenses étendues de Mouillac, Canteyrac, Cartayrou, etc., qui se composaient, en majeure partie de bois, mais aussi de bonnes terres et de métairies.

    *emphytéotes: exploitants qui détiennent un bail de longue durée en échange d'une redevance modique; dans le cas de Mouillac, ils pouvaient transmettre le bail à leurs descendants, et même le vendre à un tiers. Bertrand Vayssié avait-il acheté le sien? Ou sa mère, Madeleine Delrieu, née à Mouillac, y avait-elle des droits qu'elle lui aurait légués?

     


    votre commentaire
  •  

     

         

    BERTRAND VAYSSIÉ (1707-1748)

      

     

                                                 UN ACTE DE BAPTÊME

        

                   

          "Le seize août mil sept cent sept est né Bertrand Vayssié, fils légitime et naturel de Pierre Vayssié et de Madeleine Delrieu, mariés, du masage de Poussou, et a été baptisé le vingt-et-un août; parrain, Bertrand Ramond, de la ville de Caylus; marraine, Cécile Lestang, de la paroisse de Saint-Symphorien; présents, Pierre Vayssié et Antoine Poux (?), tous deux de la paroisse de Caylus; en foi de

                                                           (illisible) prêtre et vicaire de Saint-Symphorien."

         

                Le registre paroissial avertit un peu plus loin qu'il y a eu du dérangement à la suite de mutations de curés. Il n'y a donc pas lieu de s'étonner que ce soit un prêtre  autre que le curé titulaire de  la paroisse qui procède à la cérémonie, ni que le baptême ait dû attendre cinq jours après la naissance, alors que l'usage dominant est d'y procéder le jour même. Plus curieux est le choix (ou peut-être non-choix?) des parrain et marraine: tous les autres enfants de Pierre sont portés sur les fonts baptismaux par leurs grands-parents, par leurs frères et sœurs aînés, ou par des voisins de La Salle. Si le parrain de Bertrand, mari d'Anne Vayssié,  est l'oncle par alliance de son père, je ne sais quel lien peut avoir la marraine avec les Vayssié. Quant aux témoins, on s'interroge sur ce Pierre Vayssié de la paroisse de Caylus: est-ce une erreur du prêtre? ou s'agit-il d'un des demi-frères de Jacques Vayssié?

                À croire que la singularité devait être la marque de Bertrand!

        

     

     

                    

                                                              QUITTER LE NID 

     

              De La Salle à Mouillac, il n'y a pas loin. Quand et dans quelles conditions Bertrand décida-t-il de quitter un village pour l'autre? À La Salle peut-être n'aurait-il été que brassier au service de son frère aîné ou des Poussou. À Mouillac quel était son statut? Ni son acte de mariage ni les actes de baptême de ses fils ne le précisent; mais l'acte de mariage de l'un de ses neveux à La Salle en 1748, soit quelques mois avant sa mort, le qualifie de laboureur, ce qui suppose que les conditions lui avaient été favorables et qu'il avait su en tirer parti.

     

             

     

     

               Mouillac est un ensemble de hameaux, aujourd'hui dépeuplé (moins de cent habitants), mais qui, au XVIIIème siècle, était relativement prospère. C'est dans le hameau de Cavaillé que s'établit Bertrand Vayssié, alors que ses beaux-parents sont installés au Pech (ou Pech de Fourques).

     

              

     

     Il y laissera une empreinte si durable qu'au XXème siècle encore, la maison où vivront ses descendants sera connue sous le nom d'oustal de Bertron - maison de Bertrand - et que son prénom leur servira de surnom. 

     

                                                        VIVRE, MOURIR...

     

     

    Le mariage de Bertrand Vayssié et d'Anne Miquel est célébré à La Salle le 20 novembre 1738. Il a donc trente-et-un ans, elle doit en avoir environ dix de moins: une lacune dans les registres de Mouillac a fait disparaître son acte de baptême, mais son acte de décès en 1785 lui accorde environ soixante-huit ans, ce qui place sa naissance aux alentours de 1717. Elle est fille d'un  brassier, et peut-être le laboureur Pierre Vayssié avait-il plus de facilités pour organiser les noces - ou peut-être y tenait-il: le fait est que tous ses enfants se sont mariés à La Salle, même si ses filles ont ensuite résidé ailleurs.

     

            

     

           Le couple a trois fils. L'aîné, Pierre, demeure célibataire. Le second, Étienne, perpétuera la lignée à Mouillac. Le dernier, également prénommé Pierre, meurt à dix mois, le même jour que son père. C'est ici que l'imagination s'enflamme: l'enfant a-t-il couru un danger (chute dans un puits, écroulement d'un mur en construction ou d'un poutre, effondrement d'un pile de bois, approche imprudente d'un cheval ou d'un bœuf...) et son père est-il mort avec lui en voulant le sauver? Ou plus banalement une même maladie les a-t-elle frappés ensemble? Ou une intoxication? Ou la famine? Le fait est qu'il y a une telle concentration de décès dans le seul hameau de Cavaillé en un peu moins de deux mois en cette fin de 1748 que le curé est obligé, faute de place, de reporter une partie des actes dans le registre de 1749. Parmi les morts, Étienne Léris, maçon - et parrain d'Étienne Vayssié.

         

             "Le cinq [décembre 1748] mourut Bertrand Vayssié du village de Cavaillé, âgé d'environ quarante ans, et fut enseveli le six au tombeau de ses aïeux par moi soussigné; présents, Géraud Léris, maçon, de Vaylats, signé, et Barthélémy Alaux, non signé pour ne savoir, de ce requis par moi,

                                                                                      Frayssinet curé   Léris"

      

    Le "tombeau des aïeux"' (ou "de ses prédécesseurs") semble n'être qu'une formule un peu pompeuse qu'affectionne le curé et qu'effectivement il emploie à plusieurs reprises. Bertrand Vayssié n'avait à Mouillac que des ancêtres maternels.

    Pour l'enfant de dix mois, le curé se contente, selon une habitude répandue dans ces anciens registres, d'un ajout en marge de l'acte de baptême:

      

      "obiit die 5e xbre" : "mourut le 5 décembre".

     

     

     

                                    ... ET LAISSER SON EMPREINTE.

     

     Au milieu des années 1950 encore, nous habitions "a co de Bertron" (transcription phonétique), c'est-à-dire "dans la maison de Bertrand, chez Bertrand". Il me semble bien - mes souvenirs sont flous - qu'une fois au moins j'ai demandé une explication et qu'on n'a pu m'en fournir: on avait toujours dit comme ça, voilà tout. Quand le prénom de Bertrand est apparu dans la lignée de mes aïeux, un peu de lumière s'est fait; c'était forcément de lui que la maison tirait son nom patois. Mais pourquoi?

    Les registres montrent que ce prénom s'est également attaché à ses descendants. Il arrive que son fils Étienne soit par erreur appelé Bertrand; ainsi dans l'acte de décès de sa fille Jeanne, morte à six ans en 1786, celui-ci est successivement Bertrand puis Étienne. La mention "dit Bertrand" se trouve accolée tantôt au prénom, tantôt au nom de son petit-fils Jean Pierre, et de ses arrière-petits-enfants; à la fin du XIXème siècle, le même Jean Pierre Vayssié devient Bertrand Vayssié dans l'acte de décès de l'un de ses fils, Jean Antoine, à Lalbenque.

    À quoi attribuer une telle persistance? À la rareté de son prénom à Mouillac lorsqu'il s'y installe? S'y est-il fait remarquer par son caractère? Est-ce lui qui a fait construire, ou du moins commencer la maison? Il y a ces Léris, Étienne et Géraud, maçons de Vaylats, dont l'un est le parrain de son second fils et l'autre témoin à sa sépulture... Les circonstances de sa mort et de celle de son plus jeune enfant le même jour étaient-elles de nature à frapper durablement les esprits? Je n'ai pas de document qui permette de trancher. 

     

     

      


    votre commentaire
  •  

     

     

     

     PIERRE VAYSSIÉ (vers 1672-1752)

     

     

                                       

                                             QUAND L'ÉCRIT SE PERD...

      

              Les registres paroissiaux qui, sous l'Ancien Régime, faisaient également office de registres d'état civil étaient, certes, établis en double exemplaire par les curés et leur bonne tenue contrôlée par le représentant du roi. Mais ils ont subi les soubresauts de l'histoire et souvent pâti de leurs conditions de conservation.

                La région de Caylus a souffert de la guerre de Cent Ans, des villages ont été dévastés voire anéantis par les affrontements entre Anglais et Français, puis par les Grandes Compagnies, ces bandes de mercenaires livrées à elles-mêmes. Les guerres de religion y ont à leur tour exercé leurs ravages. Enfin la Révolution n'y a pas été exempte de troubles.

                  C'est ainsi que certains registres ont brûlé avec les églises, que d'autres, entreposés à l'humidité, se sont décolorés, ont été rongés par les rats... Bref  il faut une certaine chance pour disposer de documents d'état civil antérieurs au XVIIème siècle quand on descend d'une humble famille de paysans.

                   Et même alors tout n'est pas simple! Dans une même localité, l'échantillon des noms et des prénoms apparaît restreint, les curés notent avec une précision variable les liens de parenté, rares sont les paysans capables d'écrire leur nom. S'il est aisé de reconnaître ici ou là la présence de Jacques Vayssié qui sait signer, ni son fils ni ses petits-fils ni la plupart des collatéraux ne savent, ce qui complique passablement le tri des innombrables Jean ou Pierre et de leur descendance. 

       

     

     

                                                      ILS SE MARIÈRENT...

     

                    La première mention de Pierre Vayssié figure dans l'annonce du remariage de son père qui coïncide avec celle de son propre mariage. Le registre de La Salle commence en 1680, il n'est donc pas possible d'y trouver son acte de naissance. Son acte de décès, qui lui attribue environ quatre-vingts ans  en 1752, conduit à placer sa naissance aux environs de 1672.

                    Mais on trouve dans le registre de Mouillac l'acte de naissance de sa femme, Madeleine Delrieu.

            

               "Ce 29 avril 1671 a été baptisée Madeleine Delrieu, née le même jour, fille de Jean et d'Antoinette Vidaillac, mariés; de laquelle a été parrain Antoine Vidaillac et la marraine Catherine Vidaillac, tous de la paroisse, en présence de Georges Vidaillac, Jean Dejean, tous de ma paroisse; en foi de quoi,

                                                                      Garrigou, Recteur de Mouillac."   

      

                  Des Vidaillac et des  Delrieu, on en rencontre aussi bien à La Salle qu'à Mouillac et sans doute existe-t-il des liens de parenté entre les uns et les autres, liens qu'il serait long d'explorer, mais qui doivent être à l'origine du mariage, évidemment arrangé comme il était de règle alors, entre Pierre Vayssié et Madeleine Delrieu.

                   On peut remarquer encore, une fois pour toutes, que l'exigence par l'Église d'une dispense au moindre soupçon de cousinage a peut-être plus efficacement limité les risques de consanguinité chez les paysans que dans certaines familles royales... Les registres de Caylus notent, dans l'un des rares cas où une telle dispense a été demandée et accordée, que c'est "parce qu'il faut que le mariage se fasse"! La future épouse devait être notoirement enceinte, à tout le moins compromise.

     

     

                        ...ET ILS EURENT BEAUCOUP D'ENFANTS.

     

                     Toute la vie de Pierre Vayssié s'écoula apparemment à Poussou, même s'il lui arrive de figurer en tant que témoin d'événements familiaux dans les registres d'autres paroisses, par exemple à Saint-Pierre de Livron.

                     De Madeleine Delrieu, il eut dix enfants, dont quatre moururent en bas âge. Qu'aucun d'eux n'ait eu comme parrain ou marraine un oncle ou une tante renforce l'hypothèse que ni Pierre ni Madeleine n'avaient de frère ou de sœur. 

            

    PIERRE VAYSSIÉ

     

               Des trois garçons, l'un, Pierre, bien que son acte de décès manque dans les registres de la Salle, est mort avant sa mère: il ne figure pas dans le testament de celle-ci; Raymond succède à son père et à son grand-père à Poussou et se retrouve lui aussi à la tête d'une nombreuse famille; c'est Bertrand qui va s'installer à Mouillac et y enraciner une lignée de Vayssié.


         

             

               

                      (La présence de jumeaux - qui n'ont pas vécu - renforce l'hypothèse que le grand-père maternel de Madeleine Delrieu, Antoine Vidaillac, ait bien eu pour sœur jumelle cette Antoinette Vidaillac qui meurt quelques semaines après lui et à qui le curé de Mouillac attribue exactement le même âge.)

              Veuf  en 1710, Pierre Vayssié se remarie en 1711 avec Marguerite Brousses; mais contrairement à son grand-père, il épouse une femme trop âgée pour lui donner d'autres enfants. On le voit ensuite exécuter scrupuleusement le testament de sa première épouse, qui stipule qu'aucun de leurs enfants ne doit être lésé dans le partage de leur succession.

     

     

     

     

     

      

     

     

     

     


    votre commentaire
  •  

     

     

                                                                    MIGRATIONS

     

     

                           SAINT-PIERRE DE LIVRON

     

                   Françoise Cases, qui est très probablement la mère de Jacques Vayssié est née à Félines; son père Pierre, premier du nom vit à Saint-Pierre de Livron; lui-même, sans doute à la suite de son mariage, réside à La Salle, ainsi que son fils Pierre.

                 L'un des fils de Pierre, Bertrand, quitte La Salle pour Mouillac.

     

     

               SAINT-PIERRE DE LIVRON  

                                                              Saint-Pierre de Livron

              

     

     


    votre commentaire
  •   

       

      JACQUES VAYSSIÉ (vers 1640-1730)

      

                                                    PREMIÈRES MENTIONS

     

                   Les registres paroissiaux de Saint-Pierre-ès-Liens de La Salle-Bournac commencent, au moins pour leur partie numérisée, en 1680. Jacques Vayssié y apparaît d'abord, en 1684 et 1686, à titre de témoin de mariage ou de baptême; et chose remarquable, il signe, en utilisant le y, qui ne s'imposera pourtant sous la plume des rédacteurs d'actes, qu'ils soient curés, maires ou secrétaires de mairie, qu'au milieu du XIXème siècle:  

       

                                   JACQUES VAYSSIÉ      

                                

       

          

     

    VEUVAGE   

     

    Tel est le premier événement concernant personnellement Jacques Vayssié dont les registres disponibles portent trace.  

        

             "Le 14 mai (1686) décéda et fut ensevelie le 15 dans le cimetière de La Salle-Bournac Jeanne Peyronenc, femme de Jacques Vayssié, laboureur, du village de Poussou, après avoir reçu les sacrements de l'église; présents, Raymond Peyronenc, Jean et Jean Poussou, du même village,  non signés pour ne savoir ; en foi de quoi me soussigné (?),

                                                                                               Delteil".                    

                                                     

    On trouve dans les registres plus d'une Jeanne Peyronenc. Laquelle est la bonne? Il faudrait davantage d'éléments pour en décider. 

      

          

         

     

    REMARIAGE

     

                "Le premier février1690 a été donnée la bénédiction nuptiale, les formalités requises accomplies,  à Jacques Vayssié, laboureur, de Poussou, et à Antoinette Vidaillac,et le même jour aussi a été donnée à Pierre Vayssié, fils du susdit, et à Madeleine Delrieu; présents: Robert Cases, charpentier, de Caylus, et Pierre Poussou dit Pelard, laboureur, du masage de Poussou, et Guillaume Peyronenc, laboureur, de Poussou, et Antoine Besse dit Dalot, de Mouillac, non signés pour ne savoir, mais moi,

                                                                            Mercadier prêtre".

            

    Curieux, ce double mariage? Mais il le paraît moins lorsque, examinant d'autres registres, on découvre qu'Antoinette Vidaillac est la mère de Madeleine Delrieu; et l'on se souvient alors d'avoir lu, consignés d'une plume moins laconique, d'autres cas de figure semblables: des parents veufs convolant tout en mariant leurs enfants!

    Mieux encore: Madeleine Delrieu est native de Mouillac, et la présence parmi les témoins d'Antoine Besse (dont un descendant sera maire de Mouillac au début du XIXème siècle) s'explique. Pierre Poussou et Guillaume Peyronenc sont voisins des Vayssié, le second pouvant  avoir un lien de parenté avec la mère décédée de Pierre. Reste Robert Cases...

      Que ne figure parmi les témoins aucun frère de Pierre ou de Madeleine, comme on le voit couramment, incite à se demander s'ils n'étaient pas enfants uniques ou seulement nantis de sœurs. 

          

           

     

    SECOND VEUVAGE

       

              "Antoinette Vidaillac, âgée de 55 ans environ, mourut le septième d'août et fut ensevelie le même jour après avoir reçu les sacrements. De l'an 1701. Présents, Antoine Rouqual et Guillaume Blasi, nons signés pour ne savoir, mais moi,

                                                                               Mercadier prêtre."

         

     

    Malgré l'absence de précisions, il paraît vraisemblable qu'il s'agit bien ici de la seconde femme de Jacques Vayssié. Elle ne figure plus par la suite dans les actes en tant que marraine de ses petits-enfants.

        

    MAIS BELLE LONGÉVITÉ

         

             "Jacques Vayssié, âgé de nonante ans environ, mourut le 8 janvier 1730 après avoir reçu les sacrements et fut enseveli le lendemain; présents, Antoine Rouqual et Jean Cavaillé."  

     

    L'absence de toute signature et le laconisme des actes fait penser qu'il s'agit du double du registre, le curé Mercadier se bornant à signer en bas de chaque page pour garantir l'exactitude de la copie. 

    L'un des témoins, Antoine Rouqual, assistait également aux obsèques d'Antoinette Vidaillac; il semble avoir été le servant habituel du curé.  

      

       

    DES SIGNATURES ET DES HYPOTHÈSES

     

          

    Des Jacques, des Jean et des Pierre Vayssié, il n'en manque pas aux alentours de Caylus, dans plusieurs paroisses. Mais rares ceux qui savent signer leur nom.  Ceux qui savent en sont fiers, apparemment, au point de se faire rajouter quand on les oublie: 

        

          "Le quinzième janvier mil six cent quatre-vingt-huit, après la publication des annonces par trois dimanches consécutifs au prône de la messe paroissiale, sans qu'il y ait d'opposition canonique, la bénédiction nuptiale a été donnée à Jean Cousi (?) et à Jeanne Frauciel; présents, messire  Jean Roquebrune, bourgeois et messire Antoine Cambournac, praticien, habitants de Lacapelle-Livron, signés*, non les fiancés ne sachant , en foi de quoi,

            Cambournac  Roquebrune 

                              *et Jacques Vayssié, laboureur, du masage de Poussou, paroisse de La Salle, aussi signé, 

                                                              Vayssié

                             Artoux curé "  (de Saint-Pierre de Livron où a lieu le mariage.)

    J'invente peut-être, peut-être est-ce le prêtre lui-même qui s'est aperçu de son oubli, ou un autre assistant qui l'a signalé; mais il ne me déplaît pas de prêter à ce Jacques Vayssié le genre de caractère que j'ai pu observer dans certains de ses descendants.

           

    Un autre Vayssié peut également signer.                                         

    On se pose donc des questions quand on trouve associées celle du Jacques de La Salle et celle d'un Jean qu'on rencontre plus souvent dans la paroisse de Saint-Pierre de Livron.

       

              "L'an que dessus [1718] et le 18 octobre est née Catherine Desquines, fille (?) de Jean et d'Anne Poussou, et a été baptisée le 20 du même mois, et son parrain a été Jean Vayssié de la paroisse Saint-Pierre de Livron et sa marraine, Catherine Valette, mère de ladite mère de la fille; présents, Jacques Vayssié, Pierre Poussou, signés avec moi.

                                        J.Vayssié     Vayssié   Pierre Poussou

                                       (La signature du curé n'est pas visible.) 

                                  JACQUES VAYSSIÉ 

     

             D'autres actes donnent à croire qu'ils pourraient être frères.

     

            "Jacques Vayssié, fils d'autre Jean et de Marguerite Roques, mariés, est né le 6 octobre1701, et baptisé le 8 du même mois; et a eu pour parrain Jacques Vayssié, oncle paternel, pour marraine Anne Vayssié, tante paternelle, non signée pour ne savoir, le parrain signé, en foi de quoi,

                                                                 Artoux curé              Vayssié."

       

    Il ne semble guère douteux que la signature soit bien celle du Jacques Vayssié de La Salle, et il est bien donné comme frère de Jean.

    Malheureusement les registres paroissiaux de Saint-Pierre de Livron (qui est comme La Salle une paroisse de Caylus), s'ils remontent plus loin dans le temps que ceux de La Salle, comportent des lacunes.

    Ce qui semble possible, au vu des actes disponibles, c'est que Jean et Jacques soient demi-frères plutôt que frères.  

    Dans la paroisse de Saint-Pierre de Livron, il existe en effet un Pierre Vayssié, né sans doute au début du XVIIème siècle, qui épouse en 1638 une Françoise Cases (aurait-elle un lien avec le Robert rencontré lors du mariage de Jacques?), dont il a au moins trois enfants: Marie, née en 1642, Madeleine, née en 1645, et un Jacques né en 1649 (le curé qui à sa mort évalue son âge à "nonante ans" se serait-il trompé?). Françoise Cases est morte avant 1660, puisque, lors du mariage de Marie cette année-là, elle est désignée comme "feue Françoise Cases"; il est même possible que sa mort remonte à plusieurs années, mais les registres de décès pour cette période manquent. En tout cas, on retrouve un Pierre Vayssié marié à une Florette  Tournamire, dont il a sept enfants entre 1654 et 1672, parmi lesquels un Jean, né  en 1665, et un Antoine dont l'acte de baptême incite à penser qu'il s'agit toujours du même Pierre Vayssié: 

                       "Le 16 novembre 1659 a été baptisé Antoine Vayssié, fils de Pierre et de Florette Tournamire, mariés; parrain, Antoine Tournamire, qui a été représenté (?) par son frère François en son absence; sa marraine, Marie Vayssié, fille dudit Pierre et de Françoise Cases; par moi, vicaire, signé,

                                                                                             Artous, prêtre."

                    

    Et il est indubitable que le Jean Vayssié qui signe l'acte de baptême de C. Desquines aux côtés de Jacques est fils de Florette Tournamire: il signe l'acte de décès de sa mère:    

           "Florette Tournamire, veuve de feu Pierre Vayssié, âgée de septante-trois ans, ayant reçu les sacrements nécessaires, est décédée et inhumée le 24 septembre 1707; présents, Jean Vayssié, fils de la défunte, signé, et Guillaume Bousquet, laboureur, de Rigal, non signé pour ne savoir; en foi de quoi,

                                                           J. Vayssié    Artoux curé."

          

    On aboutit ainsi au tableau suivant:

            

    JACQUES VAYSSIÉ

     

     

     


    votre commentaire